C'est là peut-être quelque allusion à une mode passagère, que Corneille aura tenu, comme c'est son habitude dans ses comédies[265], à indiquer au passage[266]. Dans cette même comédie il nous donne une autre preuve de son empressement en ce genre, car il nous y parle de la poudre de sympathie[267] dans un temps où aucun médecin n'avait encore, en France, écrit sur ce remède.
Tous les historiens du théâtre s'accordent à placer la première représentation du Menteur en 1642. Corneille nous renseigne beaucoup mieux sur cette pièce que sur les précédentes:
On la joue au Marais, sous le nom du Menteur,
nous dit-il dans un morceau qui termine la première édition de la Suite[268], et qu'il a retranché des autres. Dans une scène qui au contraire a toujours été maintenue, il fait un charmant compte rendu du Menteur; il constate que
La pièce a réussi, quoique foible de style[269];
nous donne de l'acteur qui jouait Dorante, le portrait qu'on va voir, et, chose encore plus importante pour nous, jusqu'au nom même de celui qui représentait Cliton:
On y voit un Dorante avec votre visage:
On le prendroit pour vous; il a votre air, votre âge,
Vos yeux, votre action, votre maigre embonpoint,
Et paroît, comme vous, adroit au dernier point.