PROLOGUE.
.... En haut paroît d'un côté le Soleil naissant, dans un char tout lumineux tiré par les quatre chevaux qu'Ovide lui donne[ [458]; et de l'autre, sur un des sommets de la montagne, Melpomène, la muse de la tragédie, qui lui emprunte ses rayons pour éclairer le théâtre qu'elle a préparé pour divertir le Roi[ [459]. C'est ce qui fait tomber leur discours sur les louanges de notre jeune monarque, par le commandement duquel cet ouvrage a été entrepris. Après que l'un et l'autre en ont fait quelques éloges, le Soleil invite Melpomène à voler dans son char, pour apprendre en un seul jour à toute la terre les rares qualités que le ciel a départies à ce jeune prince. Cette muse y vole, et ayant pris place auprès du Soleil, ils commencent un air à sa louange, dont les derniers vers sont répétés par le chœur de musique. En voici les paroles:
Cieux, écoutez; écoutez, mers profondes[ [460]....
Cet air chanté, le Soleil part avec rapidité, enlevant Melpomène avec lui, pour aller publier la même chose au reste de l'univers.
En tête du Dessein se trouve l'Argument, puis, au commencement du prologue et de chacun des actes, la description des décorations, et enfin, à leur place dans l'analyse, les morceaux de chant. Nous n'avons pas cru devoir imprimer ici les parties de l'ouvrage qui auraient fait double emploi dans notre édition; mais seulement, d'une part, les morceaux qui ne sont que dans le Dessein et ne répondent à rien de ce qui est compris dans le texte d'Andromède ou joint à ce texte; et, d'autre part, ceux qui présentent des diversités trop nombreuses ou trop notables pour être indiquées commodément, comme variantes, au bas des pages. Quant aux différences qui peuvent être indiquées ainsi et qui affectent des endroits communs au Dessein et au texte ou aux annexes d'Andromède, elles seront relevées soigneusement et figureront chacune à sa place, à titre de variantes, au-dessous du texte de la tragédie.
ACTE I.
....[ [461] C'est sur ce pompeux théâtre que
SCÈNE I[ [462].
La reine Cassiope paroît conduite par Persée, chevalier inconnu, comme passant par cette place pour aller au temple jeter le sort pour la sixième fois; et en attendant que le Roi la joigne, elle raconte à ce héros l'histoire de ses malheurs. Persée l'ayant apprise de sa bouche, en attribue la cause, non pas à ce qu'elle a préféré la beauté d'Andromède à celle des Néréides, mais à ce qu'elle l'a promise à Phinée, qui n'est qu'un homme mortel. Il ajoute que les Dieux, amoureux de cette princesse, vengent l'injustice qu'on lui a rendue, et que sans doute Jupiter même, épris d'une beauté si merveilleuse, la réserve pour lui, ou du moins la destine à quelqu'un de ses fils, parlant obscurément de lui-même; sur quoi