L'entrevue, si préparée et si attendue depuis le commencement de la pièce, arrive enfin. Elle s'ouvre par une «Harangue de Massinisse,» qui promet que Sophonisbe sera traitée «en reine et non pas en captive.» Ensuite vient la «Réponse de Sophonisbe;» elle se montre très-digne et très-réservée dans les vœux qu'elle forme:

Donnez-moi l'un des deux: ou que jamais le Tibre
Me me reçoive esclave, ou que je meure libre.

Non-seulement Massinisse le lui assure, mais, emporté par sa passion, il s'écrie:

Puisque Syphax n'est plus, il ne tiendra qu'à vous
D'avoir en Massinisse un légitime époux;

et immédiatement tout se prépare pour le mariage.

Le quatrième acte commence par un entretien noble et passionné entre Massinisse et Sophonisbe. Celle-ci proclame ainsi en fort beaux termes la pureté de ses sentiments:

.... J'atteste le ciel que ma foi non commune

Regarde Massinisse, et non pas sa fortune,

Et qu'en pareil degré de fortune et d'ennui,

Ce qu'il a fait pour moi, je l'aurois fait pour lui.