Que le Tage et le Pô contre toi rebellés

Te reprennent les biens que tu leur as volés!

Que Mars faisant de Rome une seconde Troie,

Bonne aux Carthaginois tes richesses en proie,

Et que dans peu de temps le dernier des Romains

En finisse la race avec ses propres mains!

Après cette imprécation, «il tire un poignard caché sous sa robe, et se tue.»

Voilà, je pense, à partir de la Sophonisbe de Saint-Gelais, l'énumération complète des pièces de ce nom qui précédèrent en France la tragédie de Corneille. Il n'entre pas dans notre plan de parler avec détail de celles qui la suivirent. Rappelons cependant une Sophonisbe de Lagrange Chancel; elle n'a été jouée que quatre fois, au mois de novembre 1716, et n'a point été imprimée, de sorte que le Mercure de janvier 1717 peut seul en donner une idée. Signalons surtout la nouvelle traduction de la Sophonisbe de Mairet, imprimée en 1769, sous le nom de Lantin, bien qu'elle soit réellement de Voltaire, et qu'elle ait, à bon droit, pris un rang définitif dans ses œuvres. Cette pièce n'est point demeurée à l'état de simple curiosité littéraire, elle a été représentée en 1764, mais avec un succès fort médiocre; bien qu'elle ne contienne pas un seul vers de Mairet, elle suit d'assez près le plan que s'était tracé cet auteur. Quant à la Sophonisbe de Thomson, jouée en 1729, elle ne touche que fort indirectement à nos études, et nous nous contentons de l'indiquer en terminant aux amateurs de parallèles littéraires.

OTHON
TRAGÉDIE
1664