La pièce renferme encore une allusion qui a été signalée dans le Bolæana[ [763]: «Il (Boileau) n'étoit point du tout content de la tragédie d'Othon, qui se passoit tout en raisonnements et où il n'y avoit point d'action tragique. Corneille avoit affecté d'y faire parler trois ministres d'État dans le temps où Louis XIV n'en avoit pas moins que Galba, c'est-à-dire MM. le Tellier, Colbert et de Lionne. M. Despréaux ne se cachoit point d'avoir attaqué directement Othon dans ces quatre vers de son Art poétique[ [764]:
Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir
Un spectateur toujours paresseux d'applaudir,
Et qui, des vains efforts de votre rhétorique
Justement fatigué, s'endort, ou vous critique.»
Les beaux discours politiques que l'on rencontre dans cet ouvrage n'ont pas été jugés si sévèrement par tous les contemporains. «On peut, dit Joly[ [765], appliquer à cette tragédie ces paroles de M. le maréchal de Gramont, grand-père du dernier maréchal de ce nom: «Corneille est le bréviaire des rois.»
Cette pièce fut jouée pour la première fois à Fontainebleau le 3 août 1664. Loiret l'annonce en ces termes dans sa Muse historique du 2 du même mois:
Ce qu'illec je sus davantage,
C'est qu'Othon, excellent ouvrage,
Que Corneille plein d'un beau feu