[64]

L'âme est inaccessible et rien n'agit sur elle;
Que la mort au méchant soit un objet d'horreur,
L'homme de bien y voit l'aurore du bonheur.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mais je ne sais, mes yeux paraissent s'obscurcir,
Mes membres fatigués semblent s'appesantir,
Je ne puis surmonter la langueur où je tombe...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mes enfants, mes amis, approchez, je vous prie.
Quoi? d'où viennent ces cris? qu'avez-vous à frémir?
Qu'est-ce donc, mes amis, ai-je tort de mourir?
Voulez-vous que j'attende à sortir de la vie
Que je me sois couvert de quelqu'ignominie,
Que j'aie abandonné le chemin de l'honneur?
La mort n'a rien d'affreux, n'en ayez point d'horreur.
Elle vient,... je la vois, je la sens,... je la touche...
Elle obscurcit mes yeux,... elle glace ma bouche...
Je finis,... je m'éteins... sans douleurs, sans effort...
L'âme pleine d'espoir se dégage du corps.

(Le Dernier des Romains, acte V, sc. I et IX.)

[65] Sources et bibliographie de la IIº partie: Journal intime (passim).-;-Archives départementales de Saône-et-Loire, très riches en documents sur les Lamartine pendant la Terreur.—Césarine et Alix, un épisode de la jeunesse de Mme de Lamartine la mère, par le baron Alexandre Carra de Vaux (publié dans l'Investigateur, journal de l'institut historique, 1853).—Histoire de Saint-Point, par L. Lex (Mâcon, 1898, in-8).—La Jeunesse de Lamartine, par F. Reyssié (Paris, 1892, in-16).—La Persécution religieuse en Saône-et-Loire (t. IV, arrondissement de Mâcon), par l'abbé Louis S.-M. Chaumont (Chalon-sur-Saône, 1903, in-8).—La Révolution dans l'ancien diocèse de Mâcon, par Mgr B. Rameau (Mâcon, 1900, in-8).­—Souvenirs de Mme Delahante (Évreux, 1906, 2 vol. hors commerce). Les souvenirs de Mme Delahante, qui dans sa jeunesse habita longtemps Mâcon et fut très liée avec les Lamartine, ont été publiés par sa petite-fille Mme de Blic. Ils contiennent de nombreux et curieux détails nouveaux sur la vie familiale du poète, ainsi qu'une trentaine de lettres inédites de divers membres de sa famille.

Toutes les références aux œuvres de Lamartine sont faites d'après l'édition de l'auteur; c'est la dernière parue de son vivant et la plus complète (Paris, 1860-66, 41 vol. gr. in-8).--;Pour les publications posthumes, d'après les éditions originales: Mémoires inédits (Paris, 1870, in-8); Manuscrits de ma mère (id., 1871, in-8); Souvenirs et Portraits (id., 1871-72, 3 vol. in-18): Correspondance (id., 1873-75, 6 vol. in-8).

[66] Journal de Saône-et-Loire du 4 mai 1827. Cet article, rédigé par Alexis Mottin, secrétaire perpétuel de l'Académie de Mâcon, ne satisfit qu'à moitié Pierre de Lamartine qui y répondit par la lettre suivante, insérée dans le numéro du 7 mai:

«Monsieur, je commence par rendre grâce à l'estimable auteur de l'article nécrologique inséré dans votre précédent numéro. Je serai désespéré que ma juste réclamation put l'affliger, mais je crois le devoir à la mémoire de mon frère. Sans doute, si votre journal n'était lu qu'à Mâcon, où M. de Lamartine était si parfaitement connu, il eût été peut-être superflu de dire un mot sur ses sentiments religieux: nul ne peut les y mettre en doute. Mais comme la sphère de votre estimable journal ne se borne pas à cette ville, je désire que partout où elle s'étend on sache que mon frère mettait fort au-dessus de toutes les connaissances humaines celle de la religion, et que, jusqu'au dernier instant de sa vie, il en a constamment rempli les devoirs avec zèle et la plus sincère conviction.—LAMARTINE.»

[67] Pierre Sigorgne (1719-1809), vicaire général de Mâcon, puis archidiacre et doyen du chapitre de Saint-Vincent, auteur de plusieurs volumes de philosophie. On a de lui: Institutions newtonniennes (1747); Lettres écrites de la plaine (1765), où il réfute les Lettres de la montagne de Rousseau; Institutions leibnitziennes (1768); le Philosophe chrétien (1776), etc.

Cf. Abbé Rameau, Notice sur l'abbé Sigorgne (Mâcon, 1895, in-8).

[68] Nouv. Confidences, p. 455. Le portrait de l'oncle terrible occupe les pages 447-457 (T. 29).