Pour donner du courage aux timides, elle veut convier le ban et l'arrière-ban de ses amies, à son prochain essayage.

Par elle, l'essayage va devenir un sport, je le parie.

Je ne sais si je l'imiterai. Si j'ai cette audace, je n'irai pas la confesser à... mon mari?... Non; mon mari n'a nulle inquiétude de mes actions; à M. de Nailes qui a toutes les indulgences pour mes péchés, mais qui, je le devine, ne me donnerait pas l'absolution de celui-là, puisqu'il n'en profiterait pas.


IMPUDEUR DE LA FEMME
CHEZ LE COUTURIER

En dehors des singularités, des attractions que l'on rencontre chez Riffle, la question du couturier, du tailleur pour femmes, inspire quelques réflexions.

Au premier rang de ces réflexions, apparaît celle qui concerne la pudeur—notre pudeur dont nous sommes si jalouses envers ceux qui nous fréquentent, dans le commerce habituel de la vie, et que nous semblons oublier, totalement, dès que nous posons le pied sur le parquet de l'un de nos «grands faiseurs.»

A partir de la minute où une femme entre chez le couturier, elle se sent prête à obéir au moindre de ses ordres, en effet, à révéler à ses coupeurs les secrets de sa chair, et elle ne suppose pas qu'elle doive même rougir de se mettre nue devant eux.

La pudeur de la femme, comme tant d'autres choses qui la touchent ou qu'on lui prête, ne résulterait-elle que d'un sentiment conventionnel? Je serais presque tentée d'adopter cette opinion, si je compare l'attitude de la femme, chez son couturier, à celle qui lui est particulière dans le monde—au bal, au théâtre, dans un dîner.