— Il aime plaire. Ça le fait sortir un peu de lui-même. Les autres restent enfoncés dans leur peau et quand ils croient se décarcasser, ils n’arrivent qu’à faire ressortir leur égoïsme, tout de même, un peu gros.
Finette s’animait un peu.
— C’est vrai, il joue très bien le monsieur qui adore les femmes ; ça devient rare, ricana Luc.
— Mais je crois qu’il les aime vraiment.
— Il s’en fout. Il a la manie de jouer son petit jeu de coquetterie, et c’est tout. Il n’a jamais eu de collage, à ce qu’on m’a dit. Quand il en a une, il ne pense qu’à la plaquer. Tu ne peux pas dire qu’il soit de ces hommes qui ont vraiment besoin du jupon. Du reste, c’est ce qui est intéressant en lui, cette sauvagerie. Tu ne sais pas comment il est entre hommes. Il parle des femmes d’une façon atroce. C’en est gênant.
— Oh ! il est peut-être comme cela avec toi. Les hommes sont toujours les mêmes, les uns devant les autres, ils ne veulent pas avoir l’air.
— Non, c’est un type, dans le fond, qui ne tient à rien.
— Alors, il en souffre ?
— Mais non. Il a l’air triste, comme ça, de loin en loin, mais c’est une tristesse très vague, dont il s’accommode, qui va avec un bon petit égoïsme, bien organisé. Il est très content comme il est, au fond.
Gille plaisait à Lady Hyacinthia qui entre temps s’était renseignée et avait appris que ce garçon avait des talents cachés et assez austères, qu’il conduisait de loin une assez grosse affaire où sa famille lui avait laissé des intérêts dominants. De là à la politique il pourrait ne faire qu’un saut !