Dans cette pièce nue, où elle se tenait toujours, il n’y avait que de beaux livres.


— Gille est gentil, dit Finette à son frère, le lendemain. Nous avons causé tard.

— Comment était-il ?

— Très gentil.

Luc avait envie de lancer ses soupçons : « Avez-vous fleurté ? » Mais contrairement à leurs conventions, il la bouda et se priva d’entrer dans sa confidence comme d’habitude. D’autre part, Finette pensait que c’eût été faire insulte à son frère que de prendre les devants pour l’assurer qu’elle ne fleurtait pas avec Gille, car il suffisait qu’elle ne lui dît rien, pour qu’il sût qu’il n’y avait rien. Mais tout cela fit un silence inhabituel.

Ils recherchèrent la voie oblique et recommencèrent de discuter du caractère de Gille.

— Par exemple, baya Finette, il a quelques idées toutes faites. C’est drôle, il a l’air d’avoir l’esprit à l’aise et tout d’un coup, il vous sort de grosses balivernes, comme si, ma parole, il y croyait et que cela lui tienne au cœur et que ça joue un rôle quelconque dans sa vie. Et si on le blague, il se renfrogne. Les gens sont tous les mêmes, tiens. Le dernier gigolo, quand il n’y a plus de galerie, vous prend un ton de gravité et vous récite son catéchisme.

— Je te l’ai dit : il trompe son monde. Devant Hyacinthia, il la fait au greluchon, mais il aimerait mieux la sacristie et les grandes orgues avec une honnête partenaire.

— Eh bien ! tout de même, non, il est comme ça par moments, quand on discute : de vieilles manies qui lui reviennent, un vieil orgueil idiot et gentil. Mais il est aussi bien le contraire, c’est une vraie vache aussi.