[126] Jules Lefèvre-Deumier (1797-1857), lié d'amitié avec Alexandre Soumet, entra avec lui dans le mouvement romantique et collabora au Conservateur littéraire et à la Muse française. Ses vers se ressentent fort de l'influence de Byron qu'il imita en allant combattre pour la délivrance de la Pologne. Fait prisonnier par les Autrichiens, il devint, après son retour en France, bibliothécaire du prince Louis-Napoléon, puis de l'Élysée et des Tuileries.

Jules Lefèvre n'était pas, comme poète, sans valeur (le Parricide, 1823; le Clocher de Saint-Marc, 1826; Ode sur la mort du général Foy, 1826; les Confidences, 1833). Il a laissé en outre des romans qui eurent quelques succès: Sir Lionel d'Arquenay (1834), les Martyrs d'Arezzo (1836).

Il fut un moment co-propriétaire de l'Artiste avec Arsène Houssaye.

[127] Pierre-Marie-Thérèse-Alexandre, baron Guiraud (1788-1847). Un des fondateurs de la Muse française où il rendit compte des Mémoires du général Hugo (tome I, p. 198) et où il publia un véritable manifeste littéraire: Nos Doctrines (t. II, nº 7). Collabora également aux Annales de la Littérature et des Arts et au Mercure du XIXe siècle.

Avait eu un drame, les Macchabées, joué, en 1822, à l'Odéon; d'autres suivirent: le comte Julien (1823), Pharamond, en collaboration avec Ancelot (1825), Virginie (1827).

Assidu du salon de Mme Ancelot (Marguerite Chardon), Guiraud aimait à y réciter les vers un peu pleurards qui devaient former ses Élégies savoyardes (Ponthieu, 1823). Il a publié, en outre, Poèmes et Chants élégiaques (Boulland, 1824), des Poésies dédiées à la jeunesse (Dondey-Dupré, 1836) et deux forts volumes assez justement oubliés, imprimés à Limoux, sa ville natale: Philosophie catholique de l'Histoire (Boute, 1839-1841).

Le baron Guiraud faisait depuis 1826 partie de l'Académie française.

Cf. Léon Séché: Le Cénacle de la Muse française.

Je suis encore ici pour trois semaines. Vous m'écrirez vite, n'est-ce pas?

Mille respects de ma part à Madame votre mère[128].