Ton fils respectueux et dévoué,
Victor.
Adolphe te remettra les cartes.
Le ménage a continué à vagabonder, et, c'est le retour à Paris, où il convie quelques amis à déjeuner. Mme Victor Hugo s'enquiert auprès de sa belle-mère, d'un beau poisson acheté à bon compte à la poissonnerie de Blois, qui pût arriver frais à Paris.
Ma chère maman, il y a bien longtemps que je voulais vous écrire, mais les embarras de domestique, joints à ceux du voyage, car nous venons encore d'aller passer quelques jours à dix lieues de Paris, ne m'ont pas laissé un moment. Joignez à cela l'inquiétude que ma fille m'a donnée pour percer les deux dents qu'elle vient de percer; mais tout cela ne m'a pas empêché (sic) de penser à vous et à mon bon père.
Malgré la peine que ma fille m'a donnée et qu'elle a eue pour ses dents: elle n'en marche pas moins seule et j'espère que la force qu'elle a l'aidera à percer toutes ses autres dents car à peine en a-t-elle six.
Mon mari s'est occupé de vous faire tirer des cartes de visites. Nous les donnerons à M. de Féraudy.
J'espère, chers bons parents, vous voir à Paris très incessamment. Si vous pouviez être à Paris samedi 31 de ce mois vous partageriez un déjeuner où nous réunissons quelques amis et où nos bons parents complèteraient si bien notre bonheur qui ne peut être entier sans eux. Si à Blois vous trouviez chère maman un beau poisson qui pût arriver frais à Paris vous seriez bien bonne de me l'envoyer pour ce jour, toutefois si le prix ajouté à celui du voyage ne le faisait pas monter plus haut que celui qu'on achèterait à Paris.
Écrivez-moi au juste quand vous serez à Paris, c'est le but que vous devez vous proposer si vous nous aimez.
Adieu chère maman, ma fille, mon Victor vous embrassent.
Votre respectueuse fille,
A. Hugo.