La situation pécuniaire du père n'était pas seulement modeste. Elle était embarrassée et donna lieu à une liquidation qui fut pénible et dura fort longtemps.
Les arrérages de sa pension militaire, 4.000 fr., ou plus exactement, 3.800 francs nets, déduction faite du prélèvement de 5 % pour les Invalides[158], formaient le principal revenu du général.
[158] Louis Belton: Victor Hugo et son père, le général Hugo à Blois, p. 16.
Les créanciers étaient nombreux. Certains se montrèrent pressants ou excessifs.
Au bout de douze ans ils n'étaient pas, il est vrai, encore réglés, et, du dossier qu'a bien voulu me communiquer M. Louis Belton, je détache ce mémoire du tailleur Moreau «fournisseur de Leurs Altesses Sérénissimes les Princes de Holstein-Augustenbourg, rue Neuve-des-Petits-Champs, à Paris».
Vendu à M. le Comte Hugo.
| 1827 | FR. | C. | |
| Juill. 12 | Un habit en poil de chèvre | 100 | » |
| Un pantalon poil de chèvre rayé | 36 | » | |
| Un gilet poil de chèvre | 23 | » | |
| Un do poil de chèvre de mode | 23 | » | |
| Un do poil de chèvre rayé | 23 | » | |
| Déc. 3 | Une redingotte (sic) drap bleu | 140 | » |
| Un pantalon casimir noir | 56 | » | |
| Un gilet velours rayé | 30 | » | |
| » 11 | Un do velours soie et argent | 36 | » |
| Un do piqué blanc anglais | 25 | » | |
| Payé à Lemaignen, avoué, pour frais de port de lettres dans cette affaire | 3 | » | |
| 495 | » | ||
| Intérêts de ces fournitures après un an de crédit, à raison de 6 % par an; un crédit de douze ans | 356 | » | |
| Total | 851 | » |
Cet homme entendait trop le petit jeu et le taux des intérêts. La liquidation en abaissa le montant à de plus justes proportions.
Comme ils pouvaient s'y attendre, les fils trouvèrent Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, veuve pour la seconde fois, intéressée et âpre au gain.
Ils n'acceptèrent la succession que sous bénéfice d'inventaire[159] et à cette femme qui avait l'habitude du «maquis» opposèrent la compétence et la grande honnêteté de leur ami le jurisconsulte Duvergier[160].