Les 50.000 réaux réclamés,—la prétention était plutôt inattendue,—par la veuve et les enfants du général Marie de Fréhaut, pour le reliquat de l'achat du couvent des Trinitaires déchaussés de Madrid, ne semble pas avoir retardé beaucoup la liquidation de la succession. Elle ne se termina guère, cependant, avant 1845, et dès 1829, Victor Hugo écrivait à Adolphe de Saint-Valry les ennuis qu'elle lui causait et le peu qu'il avait à retirer des débris d'une grande fortune:
Mes affaires privées toujours fort embrouillées, l'héritage de mon père non liquidé, nos biens en Espagne accrochés par Ferdinand VII, nos indemnités de Saint-Domingue retenues par Boyer, nos sables de Sologne (la Miltière) à vendre depuis 23 mois, les maisons de Blois que notre belle-mère nous dispute... par conséquent rien, ou peu de chose, à retirer dans les débris d'une grande fortune, sinon des procès et des chagrins...[162].
[162] Victor Hugo: Correspondance, 1815-1835. Lettre à Adolphe de Saint-Valry du 18 décembre 1829, p. 87.
La comtesse Hugo avait su, il est vrai, retirer son épingle du jeu: L'Étrangère était devenue l'Adversaire.
Trente ans, elle survécut au général, habitant la petite maison, dont, au loin, aimait à se souvenir l'exilé.
L'on chuchotait sur elle et on la voyait peu. On prête au cœur, même vieilli, des faiblesses; puis, une femme seule a besoin, pour le règlement de ses affaires de quelques conseils...
Et vinrent les cheveux blancs et l'oubli...
Cependant que Victor Hugo atteignait le zénith de sa gloire, le 21 avril 1858, Mme Hugo, la seconde, s'éteignait à l'âge de soixante-treize ans.
Deux voisins, les sieurs Besson, cordonnier, et Fouquet, jardinier, furent, au bureau de l'état civil de Blois, les témoins de son décès[163].
[163] Les registres de l'état civil de Blois fournissent, ainsi que celui du petit Léopold, l'acte de décès de Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, Vve Hugo. En voici la teneur: