Monsieur le général Léopold Hugo a l'honneur de vous faire part qu'il vient de faire légaliser, par devant M. l'officier public de Chabris (Indre), les liens purement religieux qui l'unissaient à Madame veuve d'Almé, comtesse de Salcano.

Saint-Lazare, près Blois[23].

[23] Edmond Biré: Victor Hugo avant 1830, p. 233.

La religion a parfois bon dos... Victor, cependant, se contenta d'ignorer ainsi que ses frères, la seconde femme du général «la femme pour laquelle il a quitté sa famille[24]» jusqu'au jour où les soins donnés à son frère Eugène et à son petit Léopold amenèrent entre le beau-fils et la belle-mère un rapprochement passager.

[24] Victor Hugo: Lettres à la Fiancée, 1820-1822, Paris, Fasquelle, 1901, in-12 de 340 pp. Note, p. 231.

II

Les fiançailles et le mariage.—Les lettres de Victor à son père.—La Société littéraire de Blois.—Une pension longue à toucher.—Le colonel Louis Hugo.—La Révolte des Enfers.—Un ban à racheter.—Un mariage d'amour.

Au surplus, il avait d'autres préoccupations en tête que sa belle-mère. Il était amoureux. Le clair roman éclos sous les frais ombrages du jardin de la rue des Feuillantines touchait à son dénouement. Depuis près d'un an, au retour du voyage de Dreux, il était fiancé de fait à Mlle Adèle Foucher, la camarade des jeux de leur enfance et la gracieuse voisine de la rue du Cherche-Midi. L'autorisation de son père et une demande régulière lui importaient autrement que «l'épouse actuelle», du général, Marie-Catherine Thomas y Saëtoni.

Le vendredi 8 mars 1822, il avait écrit au général, pour lui demander son autorisation; elle lui parvenait enfin le 13 mars, et un court billet des Lettres à la Fiancée témoigne de la joie sans mélange, s'il n'y eût eu «un nuage»,—le nuage était l'intruse—de Victor-Marie Hugo[25].

[25] Lettres à la Fiancée, p. 230.