[37] Cette pension servie aux membres de «la seconde Académie du royaume» n'ayant point laissé de me surprendre, il m'a paru intéressant de m'adresser à l'Académie elle-même, pour savoir si jamais ses membres avaient été l'objet de cette libéralité royale.
La réponse fut fort aimable, mais négative, comme je m'y attendais:
Académie
des
Jeux Floraux
Toulouse, 2 décembre 1906.
Monsieur,
L'Académie vient seulement de reprendre ses travaux. De là le retard de ma réponse; vous voudrez bien nous en excuser.
Jamais le titre de membre de l'Académie des Jeux Floraux n'a donné droit à pension de la cassette royale, et Victor Hugo dont vous parlez ne se sert évidemment pas de termes d'une rigoureuse exactitude.
J'ajoute,—pour vous renseigner très complètement,—que Victor Hugo, après avoir obtenu divers prix à plusieurs concours de l'Académie, fut déclaré maître ès-jeux. Il n'appartint pas à notre Compagnie comme mainteneur.
Veuillez, Monsieur, me permettre de saisir cette occasion pour vous prier d'agréer l'expression de mes très distingués sentiments.
Le mainteneur, secrétaire des Assemblées.
G. Depeyre.
Les Jeux Floraux n'avaient donc rien à voir dans cette pension. Elle a été accordée à Victor Hugo, en septembre 1822, par Louis XVIII, «sur la proposition de M. le Marquis de Lauriston, alors ministre de la maison du roi, et sur la recommandation spéciale de S. A. R. Madame, duchesse de Berry, transmise au ministre par Mme la maréchale, duchesse de Reggio».