Saint-Lazare, près Blois, le 15 novembre 1822.

On n'aura pas l'honneur de recevoir.

Dorénavant, Mme Victor Hugo prendra une place presque égale à celle de son mari dans cette correspondance avec le général. A son tour, elle lui exprime son affection et sa reconnaissance. Confiante dans l'avenir, elle célèbre son amour et son bonheur.

La belle-mère n'a pas été l'obstacle que l'on pouvait craindre au mariage. Elle semble, au contraire, s'être entremise en faveur des amoureux pour en hâter la célébration. Ce n'est plus «l'épouse actuelle» du général, mais une alliée que l'on remercie, lui devant quelques jours fastes de plus.

Paris, 19 novembre 1822.
Mon cher Papa,

Tout ce que ta bonne lettre nous dit de tendre et de paternel a été accueilli ici par deux cœurs qui n'en font qu'un pour t'aimer. Je ne saurais te dire combien mon Adèle a été sensible à l'expression de ton affection qu'elle mérite si bien par celle qu'elle daigne porter à ton fils. Elle va t'exprimer elle-même tout ce qu'elle ressent pour toi. Veuille bien, je te prie, dire à notre belle-mère combien nous sommes reconnaissans de tout ce qu'elle a bien voulu faire pour hâter notre fortuné mariage.

J'ai montré ta lettre à mes frères. Abel va t'écrire. Ils me chargent de t'embrasser tendrement pour eux.

Maintenant permets-moi de t'embrasser pour moi et de céder le reste de cette lettre à ta fille.

Ton fils soumis et respectueux,
Victor.

Mon cher papa,