C'est la plus heureuse des femmes qui vous doit tout son bonheur que sans vous elle désirerait encore, c'est votre fille qui a mis sa destinée entre les mains du plus noble des hommes qui voudrait vous rendre sa reconnaissance. Dieu sait que ce n'est pas la gloire qui entoure son talent qui me le fait admirer, mais bien cette âme si pure, si élevée que vous connaissez à peine et à laquelle la mienne est consacrée. Il n'est rien de moi qui ne soit pour lui, pour mon Victor, pour votre digne fils.
Si notre belle-mère savait combien j'ai été sensible à tout ce qu'elle a bien voulu faire pour accélérer notre mariage, j'espère qu'elle voudrait bien recevoir mes remerciements. Je lui dois quelques jours de bonheur que sans elle je demanderais en vain.
J'ai vu, mon cher papa, s'écouler le plus beau jour de ma vie sans avoir connu l'auteur de ce beau jour. Nous espérons, et moi en particulier, comme une grâce, que la fin de cette année ne se passera pas sans que j'aie pu vous exprimer de vive voix tous les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très respectueuse fille,
A. Hugo.
III
Un roman en partie double.—La folie d'Eugène Hugo.—«La recommandation de M. de Clermont-Tonnerre».—La maison de la rue du Foix, à Blois.—La grossesse d'Adèle Hugo.—Le pauvre Eugène.
L'antithèse n'existe pas seulement dans l'œuvre de Victor Hugo, et Baudelaire ne fut pas le premier, hélas!
admis au noir mystère
Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs.
Le lendemain de ce beau jour, dont les jeunes époux clamaient orgueilleusement la joie, fut atrocement triste.