[56] Les Feuilles d'Automne.

Elle portait alors le nº 73, devenu aujourd'hui le 65; «Grande-Rue du Foix,—elle est assez longue, en effet,—nº 73 à Blois», spécifient les adresses de Victor.

Dans cette maison conservée par sa veuve, et où elle est morte le 21 avril 1858 seulement[57], le 28 février 1902, M. Raphaël Périé, inspecteur d'Académie de Loir-et-Cher, un universitaire resté fidèle aux lettres[58], organisait une cérémonie enfantine, et elle fut charmante, pour commémorer et magnifier le centenaire de Victor Hugo[59].

[57] Registres de l'état-civil de Blois.

[58] Outre de fort jolis vers publiés dans la Revue de Paris on doit à M. Raphaël Périé, une très élégante adaptation, publiée chez Hachette, du Roman de Berte aux grands pieds (Paris, 1900, in-12), et une intéressante étude sur Victor Hugo poète civique (Paris, Gedalge, S. D. in-8º de 39 pp.).

[59] Un journal du cru, L'Indépendant de Loir-et-Cher, a rendu compte de cette cérémonie et publié la pièce de circonstance, plus qu'honorable, composée et récitée par un des grands élèves du Collège Augustin Thierry, de Blois, le fils du préfet, M. Heim.

Un mieux semblait avoir suivi le transfert du malade dans la maison paternelle. La lettre de Victor adressée à son frère chez son père, l'encourage et le félicite.

Ta lettre, mon bon et cher Eugène, nous a causé une bien vive joie. Nous espérons que l'amélioration de ta santé continuera au gré de tous nos désirs et que tu auras bientôt retrouvé avec le calme de l'esprit cette force et cette vivacité d'imagination que nous admirions dans tes ouvrages.

Dis, répète à tous ceux qui t'entourent combien nous les aimons pour les soins qu'ils te donnent, dis à papa que le regret d'être éloigné de lui et de toi est rendu moins vif par la douceur de vous savoir ensemble, dis-lui que son nom est bien souvent prononcé ici comme un mot de bonheur, que les mois qui me séparent de votre retour vont nous sembler bien longs, dis-lui pour nous tout ce que ton cœur te dit pour lui, et ce sera bien.

Ton frère et ami,
Victor.