Il devait, en 1825, se voir confier la direction de Charenton.
Victor donne à son père des nouvelles du malheureux et lui confie ses impressions. En dépit des soins dont sont entourés les malades, il ne l'a «plus trouvé aussi bien». Il redoute, pour son frère, «la solitude et l'oisiveté». Puis, ce sont les phantasmasies du persécuté-persécuteur, entendant, dans le silence des nuits, assassiner des femmes, en des souterrains.
Le prix de la pension est très élevé et l'on n'a pas assez caché au malade qu'il se trouvait parmi des fous.
La fin de la lettre nous ramène aux éditeurs, sinon à la littérature. Le poète, par la faute d'Abel, qui, en croyant faire bien, l'a «poussé dans cette galère»[64], se trouve initié aux banqueroutes des libraires et aux ennuis concomitants. Il avertit son père du danger et lui conseille la prudence pour la vente proche du manuscrit de ses Mémoires.
[64] Victor Hugo raconté par un Témoin de sa Vie conte l'anecdote.
L'on doit à Abel Hugo, enlevé en 1855, comme l'avait été vingt ans plus tôt son père, par une attaque d'apoplexie, de nombreux comptes rendus critiques dans le Conservateur littéraire et quatre nouvelles qui y furent publiées également: El Viego; La naissance de Henri IV; Le combat de taureaux; Le carnaval de Venise.
Dès 1817, il avait publié en collaboration avec André Malitourne et Ader: Traité du Mélodrame, par A. A. A.
Il fit paraître en 1822, in-8º, la Vengeance de la Madone, fragment traduit de l'italien.
Il donna lecture à la Société des Bonnes lettres d'un important ouvrage qu'il entreprit et ne termina point:
Le Génie du Théâtre espagnol, ou Traduction et analyses des meilleures pièces de Lopez de Véga; F. Calderon et autres auteurs dramatiques, depuis le milieu du XVIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe.