J'ajoute un mot à ce que dit mon Victor pour vous réitérer la prière de hâter votre arrivée le plus tôt que vos affaires vous le permettront, j'entends par affaires vos commodités, et celles de notre excellente belle-mère à la santé de laquelle nous nous intéressons bien vivement et que je désire embrasser en même temps que mon petit enfant; nous comptons tous, mon cher papa, que vous serez à Paris à la fin de juillet; s'il en était autrement, j'en aurais beaucoup de chagrin, car son grand père doit le voir un des premiers, ainsi, cher papa, nous vous attendons dans cinq semaines au plus tard.

Votre respectueuse fille,
A. Hugo.

La santé d'Eugène est loin de s'améliorer. Il fait de la mélancolie et on a peine à le faire manger. Victor—il signe ce billet V.-M. H.—donne à son père ces mauvaises nouvelles, en recommandant à son bon accueil le jeune Adolphe Trébuchet, son cousin germain, qui vient à Blois, et désirerait sans doute visiter Chambord.

Outre l'intérêt artistique de Chambord l'on pense si le Simple discours de Paul-Louis Courier et ses deux mois de prison légitimaient cette curiosité[69].

[69] Le simple discours de Paul Louis, vigneron de La Chavonnière, aux membres du conseil de Véretz, département d'Indre-et-Loire, à l'occasion de l'acquisition de Chambord, parut chez Bobée, 1821, in-8º, de 28 pp.

Le 28 août, Courier était traduit sous l'inculpation d'outrage aux mœurs,—il avait rappelé dans son Discours certains scandales des mœurs royales et représenté les cours comme le centre de toutes les corruptions,—devant la cour d'assises de la Seine, se voyait déclarer coupable et condamner à deux mois de prison.

Ce fut l'occasion d'un nouveau pamphlet, plus âpre encore:

Procès de Paul-Louis Courier, vigneron de La Chavonnière, condamné le 28 août 1821, à l'occasion de son Discours sur la souscription de Chambord (Paris, Chantpie, in-8º de 80 pp.).

Mais, cette fois, on n'osa poursuivre.

Mon cher papa,