V

Le cachet du Général.—Ode sur la guerre d'Espagne.—Les Nouvelles Odes.—La négligence de Ladvocat.—Les bonnes dispositions du duc d'Angoulême vis-à-vis du Général.—Les dessous d'une disgrâce: Chateaubriand et Mme Boni de Castellane.

Victor Hugo a trop éloquemment exprimé sa douleur pour qu'elle fût de longue durée. La mère fut plus longue à se consoler et pour se distraire, dessinait un peu.

Le poète continue à faire à Paris les courses du général. Le fameux cachet d'acier—«il a excité l'admiration de tout le monde»—et l'écusson colorié semblent tenir une grande place dans les préoccupations du père et du fils.

Mon cher papa,

Notre désolée mère commence à se consoler un peu; tandis que je t'écris ceci, elle s'occupe à dessiner quelque chose qui fera plaisir à ses chers parents de Blois, car l'un de ses sentiments les plus vifs est sa tendresse et sa reconnaissance pour vous. Tu connais quelqu'un, cher papa, qui partage bien ces sentiments.

M. Lemaire te remettra avec cette lettre les deux bouteilles de fleur d'orange, le cachet d'acier qui a excité ici l'admiration de tout le monde par la beauté de son fini et l'écusson colorié. J'ai eu le malheur dans tous mes malheurs, d'égarer la lettre où tu m'envoies la note d'un livre à t'acheter. Seras-tu assez bon pour m'excuser et me récrire de nouveau ce renseignement.

Adieu, bon et cher papa, ma femme t'embrasse tendrement, ainsi que ton excellente femme. J'en fais autant. Nous sommes inquiets des santés de Blois. Il y a longtemps que nous n'avons de tes nouvelles.

Ton fils dévoué et respectueux,
Victor.
16 octobre.

Le dessin destiné par Adèle aux parents de Blois est terminé. M. de Féraudy, de passage à Paris, veut bien se charger de le leur porter.