La guerre d'Espagne fait, dans l'édition originale des Nouvelles Odes, suite à l'Ombre d'un Enfant.

[78] Des banquets eurent lieu à l'Hôtel de Ville les 15 et 23 décembre. Le 15: concert et bal aux Champs-Élysées.

Mon Victor vient de vendre à l'Advocat un nouveau volume d'odes[79] qu'il vient de faire. Il en a vendu la propriété pour deux ans ainsi que celle de son premier volume, deux mille francs. Mais qui ne doivent lui être payés de (que) dans l'année prochaine. Nous désirons ne pas tomber encore dans une banqueroute.

[79] Nouvelles Odes.

Je suis enchantée que mon portrait ait fait quelque plaisir à notre chère maman, c'est le seul bonheur que j'aye éprouvé depuis notre malheur qui ne cesse de me poursuivre. Je tâche pourtant de le cacher à mon Victor crainte de l'affecter, sous des apparences de gaîté ou du moins de tranquillité. Je ne sors pas, j'ai des douleurs d'oreilles très cruelles, on parle encore de me purger, ce qui est pour moi un grand ennui.

Mon frère Victor est à Alençon bien placé; que ne pouvons-nous en dire autant de notre frère Eugène. Ces messieurs lui écriront comme vous l'avez dit. Bien heureux si cela adoucit un peu son sort.

Nous ne savons pas ce que fait Abel en ce moment, il est plus gros que jamais. Notre oncle Francisque doit être à Paris, Victor y est en ce moment; je voudrais bien que vous y fussiez aussi.

Adieu, mes chers et bien bons parents, permettez-moi de vous embrasser comme je vous aime, et de vous assurer des sentiments avec lesquels je suis,

votre très humble et respectueuse fille,
A. Hugo.
Ce 2 décembre.

Victor songe toujours au rappel à l'activité de son père. C'est, dit-il, ce qu'il désire le plus au monde. Il rêve pour lui d'une inspection générale et a déjeuné, ces jours derniers, avec le marquis de Clermont-Tonnerre qui a été des plus aimables.