Il s'occupe en même temps, de concert avec l'oncle Francis, en ce moment à Paris avec sa femme, de leur cousin Michaud que lui a recommandé le général, tout en surveillant l'impression de ses odes, sans pour cela négliger ses banqueroutiers.
Victor et sa femme se font une joie d'aller passer quelques jours à Blois, au printemps prochain.
Ce pli est adressé à M. le Gal Comte Hugo.
Mon cher papa,
Je suis bien étonnée que vous n'ayez pas encore reçu le bonnet, je l'ai livré il y a quinze jours à Abel, qui l'attendait pour le faire voyager avec deux tableaux qu'il devait vous envoyer de suite; il est vrai que tout cela est parti par le roulage mais il est fort étonnant, que vous ne l'ayez pas encore, car il y aura demain quinze jours qu'il est en route.
Vous êtes bien bon de vous occuper de ma santé, je ne souffre plus des oreilles mais des douleurs d'entrailles qui m'ont fait garder la chambre tous ces jours-ci, mais je vais mieux cependant sans me bien porter. Vous m'avez chargée, mon cher papa, de rappeler à Victor, notre cousin, mon oncle Francisque s'en occupe en ce moment, il connaît justement la personne qu'il faut solliciter. Nous le voyons souvent ainsi que sa femme qui est très bonne et très aimable. Nous leur parlons souvent de vous, de toutes vos bontés, de celles de votre excellente femme et du bonheur que nous avons à vous aimer.
Je vous envoie une note de la part de papa, Victor désirerait bien que vous fussiez employé, c'est, dit-il, la seule chose qu'il désire. Ce bon Victor vous aime tant!
Nous nous faisons une fête d'aller vous voir au printemps, comme nous allons nous embrasser.
Adieu, mon cher papa, dites bien des tendresses de ma part à ma chère maman, et croyez aux sentiments respectueux de votre fille.
A. Hugo.