L'Almanach des Modes donne la composition d'un trousseau, en cette année 1817. Malgré la longueur de ce document, je ne crois pas inutile de le reproduire. Il est instructif et a son intérêt:
«Voici une note exacte de ce qui compose le trousseau d'une riche héritière; elle est puisée aux meilleures sources. Nous en appelons à toutes les demoiselles; qu'elles disent s'il y a rien là de superflu.
«Deux douzaines de chemises de toile de Frise, petits poignets garnis en Valenciennes;—2 douzaines id. de percalle, poignets brodés; 18 chemises de toile pour la nuit;—6 id. de percale forme montante et manches longues, avec garniture de mousseline au col; lesquelles peuvent servir de jupon et de camisole;—6 camisoles de nuit, garnies en feston;—6 id. pour le matin, garnies de bandes brodées;—6 jupons de basin superfin;—6 id. de percalle, à garnitures variées en mousseline;—12 bonnets de nuit en batiste d'Écosse, garnis de mousseline brodée et festonnée;—4 douzaines de mouchoirs de batiste à vignette blanche;—1 douzaine id. de toile superfine;1 douzaine id. de batiste brodée;—4 douzaines de serviettes de toilette;—6 peignoirs de toilette;—1 douzaine de frottoirs;—8 robes de percalle, façons diverses;—4 robes-redingote;—1 robe de mariage en mousseline des Indes (la garniture unie à fournir par le futur, doit être du prix de 150 fr. au moins);—12— fichus et canezous en mousseline brodée, garnis de tulle;—3 bonnets de mousseline brodée;—4 pièces de petite dentelle;—6 douzaines de paires de bas superfins;—2 pièces de percalle pour employer à volonté;colerettes, bandes brodées;—1 douzaine de madras;—1 douzaine de taies d'oreiller garnies de dentelle;—4 couvre-pieds en percalle garnis;—1 couvre-pieds de parade, point de Bruxelles;—1 douzaine de coiffes de pelottes, brodées avec chiffre et dentelle;—1 robe de cachemire blanc à bordure pour le matin;—id. à palmes pour le soir»[151].
Cette lingerie prêtait, bien entendu, matière à exposition et à protocole:
«Quelques jours avant le mariage, le trousseau doit être disposé sur une table que l'on recouvre de mousseline ou de quelqu'autre étoffe précieuse, pour être montré aux parents et amis. Les différentes parties en sont nouées avec des faveurs, et séparées par des bouquets de fleurs artificielles.
«Il faut ajouter au trousseau de la mariée le cadeau qu'elle doit faire à son futur; il est aussi simple qu'autrefois. Ce sont:
«Deux chemises de batiste;1 paire de manchettes et jabot de dentelles;2 cravates de mousseline;2 madras[152]».
Après le trousseau, la corbeille:
«Le futur donne en échange de ce présent une corbeille de mariage renfermant:
«Une douzaine d'éventails riches et variés;4 aumonières garnies en or et en acier;3 douzaines de gants longs; 6 douzaines de gants courts;1 douzaine de bourses variées, en or et soie, en acier, en perles;2 flacons en cristal de roche avec bouchons d'or;jarretières élastiques avec coulants, médaillons, etc.;1 bonbonnière d'écaille blonde avec cercles d'or;1 bonbonnière en cristal; 12 robes de fantaisie;1 voile d'Angleterre;1 cachemire long;1 cachemire carré; 1 robe de tulle;1 robe lamée;nécessaire complet en vermeil;1 écrin;1 buisson de fleurs artificielles;1 paquet de plumes d'autruche.