Aussi, aux environs de 1850, était-ce le rêve des fillettes de le quitter. Du fait, elles se croyaient jeunes filles, femmes presque.

«Dès qu'on a quitté les pantalons, édictait, en 1840, le Journal des Jeunes Personnes, on peut quitter les volants; à seize ans vous portez des robes de ville, semblables aux robes simples de vos mères».

Et, seize ans plus tard, dans une nouvelle de H. Lesguillon, Le Contrat n'est pas encore signé, on entendait une fillette qui voudrait être une demoiselle, s'écrier d'une voix pathétique:

«Encore des pantalons, j'aurai donc toujours des pantalons!»

Au surplus, ces enfants avaient une excuse. Les pantalons que comprenaient leurs trousseaux étaient d'une laideur suffisante pour leur inspirer cette horreur. Mme Judith Gautier, dans cette chose délicieuse qu'est son Collier des Jours, a noté ce souvenir de son enfance. C'était odieux:

«Mon trousseau avait été confectionné sur des mesures approximatives et sans être essayé; on m'en revêtit le lendemain. Il était hideux et me fit horreur.

«Un pantalon en finette grise, terminé par des bouts de jambes, de serge noire, en forme de pantalon d'homme!... une robe de serge noire, à gros plis, trop longue, et un tablier en lustrine noire, à manches boutonnées»[215].