«Elle ne porte ni couleurs éclatantes, ni bas à jour, ni boucle de ceinture trop travaillée, ni pantalons à manchettes brodées bouillonnant autour de la cheville»[211].
Les fillettes sont plus que jamais seules à en porter, et, passé dix ans, la plupart le suppriment. Le Journal des Demoiselles, dans la correspondance un peu bêbête qui faisait la joie de ses jeunes lectrices, considérait comme inconvenant à une première communiante d'en porter le jour où elle accomplissait «l'acte le plus auguste de la religion»:
«Si ta sœur fait sa première communion à Pâques, voilà comment je te conseillerai de l'habiller pour le plus beau jour de notre vie: une robe de gros de Naples blanc, etc.; cette robe doit être longue. Maman n'approuve pas qu'une petite fille porte un pantalon le jour où elle devient une demoiselle, en faisant l'acte le plus auguste de la religion»[212].
Si du moins elles s'étaient bornées à le supprimer, ce jour-là, pour le reprendre ensuite? Mais, pas du tout, pour beaucoup la suppression était définitive. Je puise à nouveau dans la Correspondance du Journal des Demoiselles:
«Elles (les fillettes figurant sur une planche) ont un chapeau de feutre noir ou fauve, orné de galons, et un pantalon dans le cas où elles n'ont pas fait leur première communion...»[213]
Le pantalon, on le voit, semblait plutôt perdre du terrain. Cinq ans auparavant, les gravures du Moniteur de la Mode le faisaient encore tomber sous les jupes de fillettes déjà grandes qui avaient déjà fait leur communion.
En 1850, «les petites épouses», pour reprendre l'expression de Rimbaud, n'en portaient plus et le supprimaient à dater de ce jour.
Il fut un certain temps, d'ailleurs, à s'introduire dans les couvents et pensionnats religieux. En 1845, il ne figurait pas encore sur le trousseau des pensionnaires des Ursulines. Aujourd'hui même, il est interdit dans certains établissements, à la Providence, notamment.
Si au Sacré-Cœur et aux Ursulinesoù les élèves en changent parcimonieusement: une fois par semaine[214]la chose n'effraie plus et est même exigée, il n'en est pas de même du mot. L'objet que l'on doit passer sous son jupon, pour éviter de se montrer à ses compagnes de dortoir en pantalon s'appelle «tuyaux de modestie» ou «tiroirs».
Quelles gentillesses, ma chère!