—...Je vous ferai bien voir... plus haut, mais j'ai un pantalon»[264].
Avoir du galbe ou avoir des dispositions, cela se vaut dans la bouche des directeurs d'agences théâtrales, ce sont toujours les jambes... un peu plus haut. Plus récemment, «le regretté» G. Albert-Aurier—ô Monna!—a donné dans son roman de Vieux cette contre-partie à la légende de Grévin:
—Allons non... monsieur Thomas... non... pas de bêtises... allons, non, non, finissez... j'ai pas de pantalon, finissez...[265]
La crinoline avait imposé le pantalon. La cage disparaissant, saluée de quels quolibets son complément n'allait-il pas la suivre dans son hégire ?
Sous les jupes tombant droit, sans ballonner, son utilité devenait tout au plus relative. L'occasion pouvait sembler excellente aux femmes et aux jeunes personnes pour supprimer de leurs dessous cet objet qui avait eu tant de peine à faire accepter sa présence. Nombre d'entre elles le tenaient pour disgracieux ou gênant et il y en avait encore pour le juger indécent.
Il n'en fut rien.
Les mœurs n'avaient pas changé et n'étaient pas devenues meilleures. La simple vision d'un pantalon de femme suffirait à dissiper cette illusion. Mais, le pantalon lui-même avait changé et il devait moins le revirement dont il bénéficiait aux circonstances, dirai-je concomitantes, qu'à l'évolution qu'il avait subie.
Il avait dansé et avait plu.
De long et rébarbatif qu'il était quinze ans plus tôt, il était devenu presque court—je dis presque: aujourd'hui, il nous semblerait affreusement long—dépassant à peine le genou et avait gagné en élégance ce qu'il perdait en longueur et en largeur.