La percale et la batiste avaient remplacé le bazin et le madapolam, il ne finissait plus en tuyaux d'orgue et ses poignets commençaient à se garnir.

Bertall a ainsi décrit ce pantalon de la fin du Second Empire et des premières années de la République, ignorant encore, le plus souvent, des entre-deux et des valenciennes dont quelques rares élégantes appréciaient cependant déjà la saveur:

«Suivant que la dame qui porte le pantalon a la jambe plus ou moins heureusement tournée, le pantalon est plus ou moins long.

«Généralement, il s'arrête un peu au-dessous du genou.

«Celles qui possèdent une jambe bien faite, que dis-je? deux jambes bien faites, ornent avec plus de soin le bas du pantalon, soit d'une guipure, soit d'une broderie, soit de petits plis finement tuyautés. Il faut bien être prête pour les éventualités de la promenade, les ascensions ou les descentes de voiture, ou les fantaisies de la brise.

«Celles dont les jambes ne sont pas irréprochables donnent moins de piquant à la garniture du pantalon, afin de ne pas attirer les regards.

«Généralement elles mettent un soin méticuleux à laisser tomber les draperies de leur jupe, et l'on aperçoit le bord timide du pantalon que dans les circonstances exceptionnelles de vent indompté ou d'orage ruisselant»[266].

Évidemment, ce n'était pas encore le fouillis de dentelle qu'est aujourd'hui le pantalon d'une jolie femme, toutefois, ce n'était déjà plus le rempart de jadis, rempart pour rire, car une large brèche en avait depuis longtemps réduit à néant le système de défense?

Complice de toutes les coquetteries et les pires, impassible et inerte témoin de bien des abandons, pratiquant, avant la lettre, la libre doctrine du «laissez-faire, laissez-passer», de «l'inexpressible», de «l'inexprimable», de «l'indispensable», il était devenu tout bonnement le «pantalon», avant que de redevenir, pour nos coquettes la «culotte».