Aussi, loin de disparaître, l'usage du pantalon s'est-il, depuis le proconsulat de M. Jules Grévy, singulièrement généralisé, je dirais même démocratisé, si le vocable ne me semblait malséant.
A part les chauds juillet et les brûlants août où tant, et des plus honnêtes, les suppriment, à l'affût d'un peu de fraîcheur, il n'est petite des Modes et Confections qui n'en porte aujourd'hui. Que diriez-vous de cette lingerie biscornue, Mimi Pinson et, vous, Francine, chères âmes qui jamais ne songeâtes à en compliquer vos dessous si sommaires.
Ils semblaient, dépassant à peine le genou, courts à Bertall; ils le sont devenus bien plus et l'on ne peut,—l'on doit cet hommage à la sainte Ligue—parler de la Parisienne, sans parler de ses dessous et de ses pantalons.
«Passons à l'inexpressible, écrivait, il y a trente ans, Violette. Celui-là, du moins, s'il n'est pas toujours gracieux a le mérite de sa personnalité. Ce n'est pas comme la chemise-pantalon un objet neutre et hermaphrodite.
«Le pantalon désormais ne descend pas au-dessous du genou. Qu'il soit orné par un ruban, de forme zouave avec un plissement de dentelle jabotant sur la jarretière ou bien tout droit, achevé par une neige de plis, d'entre-deux et de dentelle, sa longueur est marquée. Il doit être inapparent: à peine si le bord léger flotte sous le petit jupon court, le seul que l'on porte aujourd'hui»[269].
Mieux encore, Mlle Marguerite d'Aincourt semble en avoir apprécié la grâce et s'est efforcée de la rendre:
«Ce n'est plus l'horrible gaine d'autrefois, on le fait adorable et coquet, pour qu'il ne trouble pas d'un accord discordant le délicieux poème qui s'appelle la toilette intime de la femme et qui semble écrit par ce grand et incomparable poète: l'Amour. Il n'y a que les Anglaises gourmées qui n'osent parler du pantalon Chérubin, si joli avec sa jarretière de ruban qui se serre au genou, sous lequel s'agite et frissonne un long volant de dentelle.
«En voici un autre, qui aurait dû recevoir le baptême et que nous nommerons le Charmeur, de notre autorité privée. Vîtes-vous jamais chose plus gracieuse, que cette multitude de volants de dentelles dont il est formé, volants que relèvent et serrent les sept rangs de rubans étroits qui le garnissent en long.
«Vous voyez que cet objet de toilette correspond par son élégance, à toutes les autres parties de notre costume, et qu'il n'est plus besoin de lui assigner un coin caché dans les tiroirs»[270].
Pour clore ces citations par une prose d'une autre qualité, qu'il me soit permis de citer à nouveau Octave Uzanne.