Qui pouvait mieux chanter le secret de nos vierges en fleurs et chanter la louange de leurs pantalons «assortis aux chemises... non moins variés, jolis et ingénieusement combinés en pongis ou en étoffe de soie vaporeuse, avec des flots de dentelles aux genoux, des entre-deux sur la hanche et des enrubannements inexprimables»[271]?

«Les moralistes, conclut d'autre part Octave Uzanne dans Nos Contemporaines, qui ne sont aucunement des «féministes», et plus rarement encore des sensitifs et des artistes, s'élèveront encore contre le luxe effréné et scandaleux de la toilette; ils protesteront contre ces recherches dans la confection du corset, du jupon, de la nuageuse chemise, et contre cette préciosité des tuyaux de modestie,—ainsi que les demoiselles de couvent nomment leur pantalon;—mais ces sophistes ne seront point écoutés davantage aujourd'hui que naguère»[272].

En vérité, il faut savoir gré au pantalon des transformations successives qui, depuis plus de vingt ans, laissent la jambe, svelte ou forte, trop longtemps uniformément vêtue de noir, saillir dans l'harmonie de sa ligne, hors de la fallacieuse et illusoire batiste, sans quoi, mêlant ses regrets à ceux du Pont-Royal, il faudrait emprunter à Bertall un peu de sa cendre et regretter avec lui le temps passé:

«Le vent n'a plus de ces révélations indiscrètes dont s'amusaient nos pères, et dont les dessins d'Horace et de Carle Vernet nous ont conservé le souvenir. En ce temps, certains gourmets et curieux faisaient station sur le Pont-Royal à l'affût de quelque bourrasque révélatrice.

«L'introduction du pantalon féminin a supprimé définitivement cette source d'indiscrétions, il ne stationne plus de curieux ad hoc aux abords du Pont-Royal»[273].

O mélancolie des choses!