«Par-dessus le corps piqué fut mis un pourpoint auquel s'attachaient les chausses. Les femmes furent amenées par la mode des jupes écartées à s'approprier cet attribut tout viril. C'est pour désigner les chausses de dames que le mot caleçon fut crée» (Quicherat)[21].
Le mot n'aurait-il pas été imité, plutôt, de l'italien calzone, comme l'indique M. le professeur Nardi? l'objet, comme les vertugades, dont il corrigeait les écarts et l'indiscrétion, semblant venir d'Italie.
Taboureau des Accords donne, cependant, une étymologie, très française, si française même que sa gauloiserie me force à la passer sous silence. C'est de la linguistique: les premières lignes suffiront à donner le ton du morceau. Elles ont, également, le mérite d'établir la nouveauté du mot et de la chose:
«On dit que quand les dames de la Cour commencèrent à porter des hauts-de-chausses, elles firent une convocation générale pour sçavoir comment elles les nommeroient, à la différence de celles des hommes: Enfin, du consentement de toutes, elles furent surnommez de ce nom caleson...»[22].
Henri Estienne, signale en moraliste, ou peu s'en faut, cette mode nouvelle.
Il y a, avec de l'esprit et du gai savoir en plus, du Père la Pudeur dans ses appréciations:
«Celtophile.—Or ça, les vertugales ou vertugades qui avoyent la vogue de mon temps, sont-elles demeurées?
Philosaune.—Ouy, mais elles ont depuis commancé à porter aussi une façon de haut-de-chausses qu'on appelle des calçons; et comme elles portent des hauts-de-chausses, aussi portent-elles des pourpoints: tellement que vous en verriez maintenant beaucoup en chausses et en pourpoint, aussi bien que les hommes.
Celtophile.—De mon temps cela eust esté trouvé fort estrange.