TROTTINS ET MIDINETTES
Ménagère ou paysanne, la femme du peuple ne porte généralement pas de pantalon.
Pendant longtemps, les fillettes le quittaient en même temps que l'école. Le dimanche seulement, il fait, à la campagne, une timide apparition sous les jupes des jeunes filles.
Il est ainsi devenu pour quelques-unes un accessoire qu'elles croient obligé, non de la demi, mais de la grande toilette. Il accompagne les chapeaux empanachés et les corsages criards des demoiselles de Bracieux ou de Nouan-le-Fuzelier.
—Ah! que j'ai-t-y du goût!
Laissons-là les culottes des pêcheuses des Sables-d'Olonne et d'Arcachon: elles sortent de notre cadre, et bornons-nous à constater qu'en Bretagne, elles s'en passent le plus souvent.
Quant aux pantalons des Sablaises, professionnelles de la plaque sensible et de la carte illustrée, on ne le connaît que trop. Jambes croisées, parties d'âne ou de campagne, tout lui est bon pour être exhibé. Article d'exportation.
La fille de campagne ne porte guère de pantalon que lorsqu'elle l'a quittée pour la ville. Deux raisons semblent l'amener à adopter cet accoutrement: l'imitation de la dame chez qui elle sert et la galanterie.