Le gentilhomme écaillé avait disparu entre deux eaux et les économies n'avaient pas dû faire long feu aux comptoirs des bars de Belleville.
Quant à Pauline H... et à Berthe L... deux comparses, des verseuses de bocks et d'illusions auxquelles Eros avait fait ceindre, jadis, le tablier blanc et la sacoche des brasseries, elles durent à une bien malheureuse distraction (deux mantilles et de la lingerie) de figurer dans les Grands Bazars de M. Pierre Giffard et sur les bancs de la Correctionnelle:
«Elles dissimulaient les objets volés dans leurs pantalons et entre les jambes. (Cette opération prudente se fait dans les cabinets d'aisances.) Quand on a voulu leur faire avouer le vol, elles ne se doutaient pas qu'on allait les déshabiller, et elles ont nié jusqu'à ce qu'on les eût mises entièrement nues»[281].
La fillette déjà grande à laquelle sa mère aura l'inclémence de les faire porter fermés, fera bien, après se les être fait déchirer, dans les bois, de Saint-Cloud, par son compagnon de promenade devenu son ami de cœur, de ne pas le retirer pour le jeter dans un fourré.
L'objet retrouvé par un promeneur solitaire ne manquera pas de prêter aux plus déplorables suppositions. L'imagination fertile des reporters et le flair bien connu de la police feront le reste: nouveau scandale, nouveau satyre, nouveau Soleilland: tout cela pour un «pantalon blanc de fillette, très étroit, déchiré d'avant en arrière et sur lequel on remarque... de nombreuses taches suspectes»[282].
Cela jusqu'au jour où, mi-riant, mi-pleurant, deux pauvres gosses, Charles Cognand et Joséphine Dessers, viendront murmurer à mi-voix, sur un air connu, dans le cabinet du commissaire:
C'est une idylle dans le goût
De Théocrite et de Virgile,
C'est une idylle et voilà tout...