La Cour d'Assises avait vraiment d'autres... chiens à fouetter. Infortunée Joséphine, elle était assez punie pour ne pas avoir à répondre à la relative justice des hommes: au cours de cette escapade, n'avait-elle point perdu ses cheveux blonds, son pantalon... et sans doute quelque autre chose encore?

Avant que les temps fussent venus du benzol et des éclaboussures des autobus, les impériales d'omnibus, devenus accessibles aux femmes eurent leur part également dans la diffusion de l'usage du pantalon.

Nombre de jolies filles et de fines enfants du faubourg ne détestaient évidemment pas que l'on aperçut leurs jambes, si elles étaient bien faites, en descendant l'étroit escalier. Encore fallait-il que les Messieurs de la plate-forme, des voyageurs d'une espèce particulière, ne poussassent pas leurs investigations plus haut que le genou. D'où nécessité de se munir d'un pantalon, dont, timide, apparaissait parfois le poignet, à moins que la jupe s'étant accrochée, ce ne fût une soudaine exposition de blanc.


«Pas souvent suggestive, déclarait Vallet, la descente de l'impériale, bottines fatiguées, jupons d'alpaga, pantalons de flanelle rouge... à moins qu'il n'y en ait pas»[283]. Mais non, toutes les bottines n'étaient pas fatiguées, les pantalons de flanelle étaient heureusement l'exception, et quand il n'y en avait pas du tout, je me suis laissé dire que ça n'en était pas plus désagréable.

En Allemagne, où tout est sujet à règlements, on songea, paraît-il, lorsque l'impériale des omnibus fut, à Berlin, devenue accessible aux femmes, à rendre le pantalon obligatoire pour celles qui voulaient procéder à cette ascension.

C'était un nouveau poste et un nouveau mot composé à créer, inspecteur-des-pantalons-des-dames-des-impériales-d'omnibus; mais les difficultés du contrôle firent, sans doute, rejeter la proposition du docteur Hancke, tendant à ce que le «pantalon sous-jupe» fût imposé aux voyageuses de l'impériale et la police se borna à exiger que l'escalier fût large et masqué du côté du public[284].

La bousculade qui y sévit et les petits jeux qui s'y pratiquent, ne rendent pas non plus le pantalon tout à fait inutile dans le métro.

Écoutez plutôt la mère des demoiselles Jouarre: