Il y en a toutefois à n'en pas porter. Les unes jeunes, les autres vieilles,—ou tôt vieillies, car les années de champagne comptent double: les chevaux de retour de la pose, ces malheureuses qui, malgré leur empâtement, ne peuvent se décider à l'abandonner, et qui, lamentables, s'en vont, par les ateliers, traîner à la recherche d'une ébauche longue à venir.
L'une d'elles a fourni à Paul Dollfus le récit de la séance improvisée, qui permit à la pauvre femme d'établir aux yeux d'un des maîtres du crayon combien ses dessous ignoraient la complication de l'empantalonnement.
Rebutée à droite et à gauche, d'atelier en atelier, elle finit par aller frapper chez le peintre Bayard, qui, lui avait assuré un fumiste, était, en ce moment, à la recherche de femmes, posant le dos et les reins.
Quel dos, quels reins, et, surtout, quelle chute de reins!
«Quand elle se présenta, il y avait plusieurs personnes dans l'atelier.
—Monsieur Bayard? demanda-t-elle.
—C'est moi! fit le peintre.
«Alors, sans mot dire, elle lui tourna le dos... puis soulevant ses jupes et sa chemise—elle n'avait pas de pantalon—elle cambra la croupe, et, triomphante, s'écria:
—Comment trouvez-vous le bouillon?[300].
Nous cotoyons le trottoir. L'hiver seul semble en chasser les tristes créatures, qui lasses, sans doute, d'avoir ouvert leurs draps aux hommes, viennent, dans la Femme-Enfant, mendier quelque emploi dans la figuration.