«Immédiatement toutes ces dames voulurent imiter les acrobaties du facétieux voyageur. Et ce fut tout à coup d'échevelées culbutes, des envolements de jupes, des surgissements de jambes en l'air, de comiques apparitions de lingeries, voire même, la plupart ignorant les raffinements pudiques de l'empantalonnement, de brusques et désopilants étalements de nudités généralement secrètes»[331].

Bertha, elle-même, ne semblait pas en porter plus qu'au jour déjà lointain de son premier engagement, cette nuit de souper, où, «sans remarquer l'abjecte et ridicule posture de l'aimée... debout,... les jambes écartées... sur le trottoir», le père Godeau, n'ayant plus sa tête, lui confessait passionnément un désir qui devenait de l'amour, «sans daigner entendre le rythmique clapotement des ignobles cascades qui, railleur accompagnement pour sa chanson sentimentale, pleuraient, ruisselaient, gargouillaient sous les jupons de la fille»[332].

La gêne d'un pantalon ne lui eût point permis cette hardiesse, et l'eût forcée à prendre une posture plus conforme à son sexe.

Voulant prouver à l'ingénieur de Valenciennes qu'elle n'avait point auparavant figuré dans la Terre, Mlle Bénédicksen, lui laisse constater, sans plus d'embarras, en relevant ses jupes, qu'elle «porte des chaussettes, ensuite qu'elle a le mollet nerveux et maigre, enfin qu'elle se dispense de pantalon»[333].

Enfin, je ne parle pas, car elles sont légion, de celles qui, pour plus de fraîcheur, suppriment l'été leur pantalon. Il n'est, en effet, mauvaise société qui ne se quitte, et nous aurons occasion de voir de très respectables et honnêtes femmes—jusqu'à preuve du contraire—en faire autant et l'avouer non moins ingénûment.


VIERGES ET DEMI-VIERGES