Ces pantalons de gamines, on les connaît, laissant, comme celui d'Augusta, apercevoir par leur fente, quand ils ne sont pas fermés, «sous un pan de chemisette mutinement retroussé, des choses grasses, rondes, fraîches comme des pommes»[339].
La fillette grandissant et les jupes s'allongeant, le pantalon demeure la règle, sauf à la campagne où il disparaît tôt. Dans les pensions, il est obligatoire. Établissements laïcs ou congréganistes, le trousseau des élèves en comprend une douzaine ou deux, «les blancs unis», spécifient les règlements.
C'est le «pantalon de pensionnaire»[340], que plus tard les coquettes ont en horreur pour sa simplicité, le pantalon des élèves des Dames Blanches, auquel un pauvre abbé dut son surnom, en raison du malin plaisir qu'une division de rhétoriciens, trouva, en promenade, à le faire s'égarer parmi les cordes supportant la dernière lessive des Dames Blanches, uniquement, ce jour-là, composée de pantalons:
«Ils étaient accrochés par la ceinture; la brise douce leur gonflait le ventre et les jambes, les agitait d'avant en arrière, d'arrière en avant, élargissait, puis rétrécissait leur ouverture, et par cette fente mobile, on voyait le ciel bleu»[341].
Pas toujours si unis que cela, cependant, car, parmi ces fillettes, il en est qui n'attendent pas leur sortie du couvent, pour attacher à cette lingerie un prix tout particulier. Écoutez plutôt, au parloir, les doléances que présente à sa mère Mlle de Clavelin:
«Jeanne garda un silence mystérieux... puis soudain:
—Maman, j'ai à te dire que mes pantalons sont dans un état que c'est une horreur. Tu sais le linge ça n'a jamais été ta préoccupation dominante. Je ne t'en fais pas un reproche; on est pour le linge, ou pour les robes, ou pour les bijoux.
«Toi, maman, tu es pour les bijoux. Moi, je suis pour le linge»[342].
Toutefois, si la mère est également «pour le linge», la fille fera bien de ne pas lui emprunter, comme modèle, un spécimen trop garni de rubans ou d'entre-deux. Dans un couvent bien tenu, il risquerait de faire scandale. Les bonnes sœurs semblent avoir conservé certains préjugés sur ce que doit être le pantalon d'une «mère chrétienne».
A nouveau, la scène se passe au parloir. Le frère est venu voir sa sœur: