Malgré l'appui sérieux que lui a apporté le clan des hygiénistes, le pantalon n'a cependant pas vu en France désarmer tous ses adversaires.

«Je me méfie toujours des femmes qui portent des caleçons: c'est la pudeur avec une enseigne», écrivait Commerson[382], pour qui la chose était nouvelle encore.

Sans aller aussi loin, c'était, pour le pauvre Dubut de Laforest «l'odieux inexpressible qui donne à nos Parisiennes des airs de maternité... honteuse[383] et n'était-ce pas le procès du pantalon que le journal le Sport,—oui, mais... Suzanne se déshabille mieux—citait à sa barre:

«Le pantalon a parfois sa raison d'être dans l'ordonnance d'une toilette de femme, mais il n'y saurait entrer à titre d'élégance. Il est nécessaire, mais il n'est jamais gracieux...

«En voyage, c'est un détail d'habillement presque indispensable. Il peut l'être aussi au point de vue hygiénique. Le choix de l'étoffe dont il est fait est alors subordonné au goût de la personne elle-même ou à une appréciation thérapeutique. Au bal, le pantalon est utile pour une femme lorsqu'elle aime la valse à trois temps, la belle et poétique valse à trois temps, et qu'elle s'y livre, parce qu'alors, on le sait, les longues robes, dans l'emportement rapide du mouvement de rotation qui leur est imprimé, finissent par perdre de leur aplomb; elles se relèvent, laissant dans certains élans, la presque totalité de la jambe à découvert».

Non, mais, le journal le Sport aurait-il spécialement étudié la valse à la Galette, chez l'ami Debray, ou à la salle Wagram? Ce n'est pas «la belle et poétique valse à trois temps», qu'il évoque, mais le spectre décharné de Mélanie Waldor:

Quand Madame Waldor à Paul Foucher s'accroche,

Montrant le tartre de ses dents

Et dans la valse en feu, comme l'huître à la roche,

S'incruste à ses membres ardents;