Brantôme n'a garde, en attendant, d'omettre de détailler les dessous de ses amoureuses. Il célèbre le luxe de leurs culottes ou dit si elles n'en ont pas.
Deux grandes dames—sans doute élevées dans un pensionnat de Lesbos—apparaissent ainsi, «toutes retroussées et leurs caleçons bas», à un écolier, qui, l'œil collé à un trou de la cloison, suit avidement cette leçon de choses...
Ce bon monsieur de Bourdeilles décrit même assez gentiment la scène; mais les mœurs sévères qui nous régissent m'empêchent de suivre son exemple. Baudelaire fut poursuivi pour moins et je serais inconsolable de faire condamner à mon tour la grande Sapho et de faire une peine même légère à ces enfants fidèles au «rite inventé».
Je préfère renvoyer l'«hypocrite lecteur» que «ces choses» peuvent amuser au premier discours des dames galantes où elles sont décrites par le menu[32].
Telle autre, une Espagnole, qu'un compagnon du conteur connut à Rome dans un sens à satisfaire pleinement l'Écriture, avait vis-à-vis de son serviteur des exigences un peu déconcertantes:
«Quand il l'accostoit elle ne vouloit permettre qu'il la vist, ny qu'il la touchast par ses cuisses nues, sinon avec ses calsons»[33]...
Singulière pudeur, dira-t-on, et des âmes naïves pourront se demander si c'était la conséquence d'un vœu?
Non pas: la dame avait simplement une cuisse plus maigre que l'autre.
Mais on peut conclure de cette anecdote que les pantalons de ces «cinq à sept» étaient forcément ouverts, tandis que ceux du petit ménage, qui, de nos jours, eût si volontiers fréquenté le Hanneton, étaient fermés comme ceux de Claudine ou de la Môme Picrate.