Effrayée par le naturalisme du linge exact, la Censure, cette péronnelle, avait imposé aux jolies déshabillées le mensonge du linge de soie, ses plis lourds et cassants.

Qui dira jamais les torts de la rime?

Ceux du linge de soie ont été dits, et souvent.

Déjà, dans le Courrier Français que cette enquête amusait,—et nous donc—Mlles Valti et Camille Stephani, avaient déclaré lui préférer «la batiste avec des dentelles»[479], «du linge léger, fin, blanc, mais pas excentrique, honnête»[480]; Yvette Guilbert avait spécifié le tissu de ses pantalons: «les mêmes toujours, en toute saison, de la batiste»[481] tandis que Mlle Léonie Gallay avait pour la soie un mot d'une amusante brutalité:

— C'est bon pour les femmes qui ne se lavent pas![482]

M. Georges Montorgueil a provoqué, de la part des plus spirituelles déshabillées de l'époque, des confessions non moins piquantes. Les résultats de l'enquête restèrent les mêmes, la condamnation du linge de soie au profit de la batiste.

Non vouée encore aux mystères de la carburation et à la protection des pures amours— on se gare comme on peut—Mme Bob Walter, dont le pauvre Lorrain connut surtout le trousseau de clefs, livrait ainsi la clef de son trousseau:

«Monsieur,

«J'aime la chemise et le pantalon en fine batiste avec entredeux et volants de valenciennes bien teintée dans la nuance ivoire, avec, sur les épaules et au bas du pantalon, des nœuds assortis au jupon qui devra être de même étoffe que le corset; beaucoup de froufrous sous le jupon que je trouve joli en taffetas Louis XV avec des volants en mousseline de soie et le corset garni de dentelle très écrue, avec des troutrous dans lesquels on passe de la comète qui forme au haut du corset un chou très léger et gracieux.