«Pour ouvrir le pantalon sans le défaire, il suffit de faire glisser le fond du derrière sur la coulisse, en amenant le bord vers la hanche de son côté».
C'est-à-dire que, par devant, la fente ne commence qu'à environ 16 centimètres du biais formant ceinture, alors qu'elle s'en ouvre généralement à 3 ou 4 centimètres, quelquefois moins, laissant les jambes presque indépendantes l'une de l'autre, tandis que, par derrière, elle se continue jusqu'à la coulisse.
Ce pantalon peut donner, par devant, l'illusion d'être fermé, mais il est parfaitement ouvert. Des jeunes femmes qui les portaient ainsi n'ont jamais, que je sache, songé à en nier l'ouverture et cherchaient par le croisement des bords de la fente, non à éviter les microbes, dont elles se souciaient peu, mais à empêcher, ce dont elles se souciaient beaucoup, la chemise de s'échapper par derrière et de former pan.
C'était, confessèrent quelques-unes, l'unique moyen qu'elles eussent trouvé d'éviter cet «horrible pan» et elles n'y étaient jamais arrivées avant de porter des pantalons entièrement ouverts, dont les bords de la fente pussent croiser par derrière.
«Le pantalon, écrivait Bertall, s'attache sur le corset, soit à l'aide d'un ruban-ceinture, soit à l'aide de boutons disposés pour cela»[513].
Longtemps, il n'en fut plus ainsi.
Espérant s'amincir et se faire la taille plus fine, beaucoup de femmes se mirent à les porter non sur le corset, mais sous le corset. Ce fut un genre. Puis, à certains moments, il leur semblait appréciable de pouvoir enlever leur corset, sans avoir à défaire leur pantalon.
Un corset dans lequel on étouffe ou une barbe de la veille chez le partenaire, il n'en faut souvent pas davantage pour gâter le plaisir le plus fugitif et enlever tout son charme à la fantaisie d'une jolie femme?
Il y eut mieux: d'autres, pour éviter de chiffonner leur «chemise garnie», enfilèrent le pantalon, non seulement sous le corset, mais sous la chemise. Des théâtreuses et des professionnelles de déshabillés lancèrent cette mode; les femmes du monde n'eurent garde de ne pas la suivre et, si éphémère qu'elle ait pu être, des spécialistes des dessous, comme Mlle Marguerite d'Aincourt, préconisèrent ce «soin qu'il ne faut pas négliger et que prennent toutes les femmes de goût»[514].
Qu'il fût porté sous le corset ou sous la chemise, comment eut-on voulu qu'un pantalon fut fermé?