«Sur quoi, Pimprenette exaspérée eut un de ces gestes qui déchaînent les révolutions... Elle se retourna prestement et, d'un geste canaille, troussant jusqu'aux reins sa jupe déjà si courte, ne permit à personne d'ignorer qu'elle portait un pantalon fendu»[532].
Allons, ne vous excitez pas, pâle voyeur. Vous ne vous figurez pas que je vais vous introduire dans la loge de Pimprenette de Folligny, en passe (un mot qui lui convient très bien) de devenir une des étoiles de nos plus éphémères music-hall. Vous ne verrez rien, mais il vous sera permis d'écouter ce dialogue aussi suggestif qu'un film non visé par la censure et n'y revenez pas:
—Ah! zut! Et mon pantalon! c'est ça qui va m'enlever mon blanc! Faut-il que je sois bête! Comme si je n'aurais pas dû y penser.
—Ben, n'en mets pas, voilà tout.
—Non! mais tu ne voudrais pas, tout de même! Pense donc que je n'ai qu'un sarreau d'écolière et pas de maillot... Ma vieille, ça serait un coup à se faire emboîter!
—C'est bien ça les hommes, grommela Hortense, philosophiquement, ils ne viennent que pour voir de la peau, et quand on leur en montre, ils gueulent! Enfin... je vais te le tenir tout ouvert, tu n'auras qu'à glisser les jambes sans frôler...[533]
Si ouvert qu'il lui fût présenté, le pantalon de Pimprenette ne devait pas être «fendu», ce soir-là.
La combinaison, cet objet bâtard, tenant à la fois de la chemise et du pantalon qui nous est revenu d'Amérique affublé de ce nouveau nom, est non moins ouverte et... c'est forcé.
Déjà, en 1863, la Mode illustrée dont l'initiative en matière de dessous ne fut pas toujours heureuse, avait soumis à ses abonnées un bien singulier modèle de pantalon. Par devant, un tablier retombait sur la fente pour la masquer. Cela devait donner à celles qui le portaient—si jamais aucune en porta—un faux air de Vénus hottentote, tandis que, par derrière, la fente se boutonnait, comme une brayette[534].