C'était hideux et mille fois plus inconvenant que le pantalon, malgré l'énormité d'une solution de continuité qui aurait fait fuir bien loin le petit diable de Papefiguière.
En 1866, elle fit mieux, et bravement, sans songer à lui infliger un baptême et le «patent» d'une importation des U. S., lança un modèle de chemise-pantalon, auquel était jointe cette glose:
«Nous cherchons toujours à donner à nos abonnées, outre les objets pour ainsi dire classiques, ceux qui nous semblent concilier le progrès avec l'utilité. Nous plaçons par conséquent sur notre planche, consacrée au linge et à la lingerie, un modèle encore inconnu, mais destiné à obtenir, croyons-nous, un véritable succès; nous l'appelons la chemise-pantalon, parce qu'il résume ces deux objets, jusqu'ici distincts l'un de l'autre»[535].
Chemise et pantalon n'étaient guère jolis à cette époque—une bonne à tout faire refuserait de s'en affubler, aujourd'hui, ses jours de sortie, pour aller... cueillir la violette avec le pompier de ses rêves—leur résumé ne l'est pas davantage naturellement. Il est difficile de concevoir quelque chose de plus laid que la grand'mère de la combinaison.
Mise en goût par cette création, la Mode illustrée le conçut, cependant: ce fut la chemise de nuit-pantalon.
Pourquoi pas la chemise à trou?
Je doute que l'objet ait obtenu, à l'époque, le succès qui lui était prédit. Il fallait, pour qu'il l'obtint, beaucoup plus tard, qu'il eut, comme le pantalon et comme la chemise, singulièrement modifié sa forme et que les Américaines s'en soient mêlées.
Américaines et Anglaises professent volontiers, en effet, contre la chemise, les préventions des Merveilleuses du Directoire. Ses plis sont «ondulants et maladroits. Voilà plus de deux mille ans que les femmes portent des chemises, cela était d'une vétusté à périr»[536].
La chemise ne remonte pas, à vrai dire, aussi haut dans l'histoire de nos mœurs; ce ne fut pas une raison, quand vint la mode des jupes collantes, pour ne point la supprimer, grâce à la combinaison, le nouveau nom de la chemise-pantalon, qui, pour reprendre le mot de la Mode illustrée, résumait les deux articles.