La chère petite n'a pas pris seulement goût aux préludes comme Héloïse, elle a pris également goût à l'objet. Le couple est installé maintenant à l'hôtel. En bras de chemise, l'homme zieute par-dessus ses lunettes et sa Bible, l'aimable enfant, dont, moqueurs, les seins saillent hors du corset, cependant qu'un court et coquet pantalon ceint ses hanches—pures et radieuses, ô Marguerite—et dessine le contour ferme des cuisses.

A coup sûr, il en aura pour son argent—on n'en saurait dire autant de la pauvrette—mais, c'est égal, 80 francs un pantalon de propagande, il faudra, au retour, joindre à la note de la lingère quelques frais accessoires pour la faire «registrer» par le comptable de la Ligue:

—Parfait!... mais 80 francs un pantalon... Je vais être grondé à la Ligue.

(Le Courrier français, 28 janvier 1894.)

Il est un âge auquel on est vite au bout de son rouleau et auquel, pour reprendre le mot d'un maître qui nous est cher à tous, on demande surtout de la patience à sa partenaire. Le petit voyage est terminé: ils ont repris le train, Malicieuse, émoustillée par quelques détails croustillants, elle lit la Bible; Lui, méthodique et méthodiste, replie le pantalon qu'il vient de lui retirer, prêt à le renfermer dans la fameuse valise.

Lui.—Décidément, le pantalon est incommode; rangeons-le comme objet de propagande.

Elle.—Mais il est rigolo pain de seigle, son bouquin!

(Courrier français, 11 février 1894)[547].

Les vieux, les vieux, sont des gens heureux, avons-nous dit: à condition de n'avoir point soif, ils ne doutent de rien, à moins que déjà ne se fasse sentir l'effet de cette trépidation des trains, que le bon poète Armand Masson chanta en un poème lapidaire: