(Le Journal, 14 novembre 1902.)
Encore que la Parisienne ne puisse se montrer dans la rue en corset et en pantalon, sans risquer un bon rhume et une contravention, les occasions ne lui manquent pas, nonobstant la disparition des impériales d'omnibus, de laisser apercevoir à ceux qu'intéresse le retroussé, les froufrous et les dentelles de ses pantalons.
D'abord, il y a le bal, le bal qui a permis à Bertall et à Randon de noter, les premiers, l'importance prise par le pantalon dans les dessous de la femme.
Avouerai-je n'avoir jamais été de ceux qui, à l'Élysée ou au Moulin-Rouge, faisaient cercle autour des quadrilles. Ce linge brutalement étalé, ces jambes étiques ou que guette l'éléphantiasis m'ont toujours laissé froid. Ce sont là distractions qu'il faut laisser aux riverains de la Sprée et aux autochtones de Brives-la-Gaillarde ou de Crozant, venus faire la bombe à Paris. J'ai bâillé? au Père Lebonnard, le grand écart ne m'en a jamais dit davantage.
Le chahut a cependant fourni trop de croquis ou de légendes aux caricaturistes pour qu'il soit permis de le négliger. Subissons donc ce «tour» de quadrille, comme on subit, en attendant la revue, le tour de chant d'une romancière contemporaine d'Amiati et de nos avant-derniers bas bleus. Peut-être, parmi ces professionnelles de la pastourelle, s'en trouvera-t-il une qui lève la jambe pour son plaisir et que n'incite pas à cette gymnastique l'appât du maigre cachet quotidien?... Saluez-la bien bas, ou mieux, offrez-lui un bock: il sera le bienvenu, surtout s'il est en tôle émaillée.
Sous un croquis bien second Empire, encore que ne rappelant que de loin la manière de Winterhalter, Grévin, traçait, en 1866, cette légende:
Les Bastringues.
«Nouveau pas de la chaloupe en détresse. Histoire de montrer qu'on a du linge».
(Le Petit Journal pour rire.)
Ne vous excitez pas: vous ne verrez rien.