Mais pourquoi l'artiste vieilli, conservant sous ses cheveux blancs l'amour des gamineries de rapin, a-t-il la fâcheuse manie de subtiliser le pantalon de ces enfants?

—Allons, ne faites donc pas le Jacques, rendez moi mon pantalon.

(Poulbot: Le Frou-Frou, 1905.)

Ou c'est le pantalon que, bien qu'ouvert, on a pour des raisons qu'il ne convient pas d'approfondir, cru devoir retirer, un jour de ballade à la campagne. L'arrivée malencontreuse du garde champêtre—vrai ou faux—a brusquement interrompu l'entretien. L'enfant, abdiquant son extase, (en voulez-vous du Mallarmé?) dans sa hâte de fuir, déjà docte, par chemins, a négligé de réintégrer ses culottes. Huit jours plus tard, le couple les retrouve, suspendues, dépouilles opimes, au même arbre. Là ils furent heureux et connurent d'ineffables minutes; la Grande Nature les invite à recommencer, avec la complicité amusée de toutes les bestioles répandues parmi les champs, «champ d'amour brutal», eut, comme Goudeau, spécifié Richepin, à l'époque où les Gueux et leurs ivresses tenaient dans son cœur une place accaparée, depuis, par les cousines et les abonnées des Annales.

Les premiers beaux jours.

—Enfin, nous y sommes: regarde ta culotte de dimanche dernier.

(Mirande: Le Rire, 22 avril 1911.)

Les peintres ne sont pas seuls à se livrer à des plaisanteries qui dénotent une aimable familiarité bien faite pour tromper l'ennui des villégiatures estivales. Il y a des maisons où l'on ne peut recevoir une femme à déjeuner ou à dîner, sans qu'on lui «fasse» son pantalon ou son corset:

L'affaire du Collier.

—Ben quoi? elle va déjeuner en ville et on lui chauffe ses perles! Moi, c'est bien rare que je boulotte chez des amies sans qu'on me fasse mon corset et mon pantalon...