«Vous voyez souvent en Angleterre, écrit l'Espion anglais, Mlle Heinel; mais il n'est pas possible qu'elle y ait montré son talent pour la pantomime comme elle l'a fait ici dans le ballet de Médée et Jason, où elle a rendu le rôle de la célèbre magicienne avec une vérité qu'on ne peut surpasser. Les demoiselles Allard et Peslin sont depuis trop longtemps au théâtre pour que vous ignoriez leur nom et leur mérite. Les gavottes, les rigaudons, les tambourins, les loures, tout ce qu'on appelle les grands airs leur fournissent sans cesse une occasion d'imaginer une variété de pas étonnante: leur chef-d'œuvre est surtout la gargouillade, c'est-à-dire les écarts, les tournoymens, les pirouettemens sur un seul pied, les développemens des charmes secrets, qu'un perfide caleçon dérobe sans cesse aux yeux, mais qui ne fait qu'irriter davantage les désirs des amateurs[114]».

Certains n'étaient cependant pas sans protester, entre autres Robbé de Beauveset, cet enfant perdu de la Muse, qui vivait et soupait à Paris de son esprit et des deux pensions qu'il touchait, l'une de Mgr de Beaumont, archevêque de Paris et l'autre de Louis XV, que ses contes en vers amusaient. Robbé, qui, en ce moment ne tombait pas dans les convulsions du cloître Saint-Médard après avoir prêté aux caleçons une origine singulière dans son adaptation un peu libre du bref Si femoralia, fulmina dans ces termes contre ce qui n'était pas encore le «tutu» des danseuses:

O caleçons! Voile modeste

Qu'au détriment des yeux la pudeur déterra;

A nos regards lascifs, obstacle trop funeste,

Masque d'appas secrets, toujours on te verra

Éclipser à nos yeux la cuisse blanche et leste

De nos danseuses d'Opéra!

Avant que la triste réforme