Et il a ajouté :

« Votre pays est pacifié. Je lui apporte la vie constitutionnelle, c’est-à-dire la possibilité de se donner les lois et la forme de gouvernement qu’il désire. L’État des Alaouites, pacifié également, jouira du même privilège. Si les autres États veulent participer aux bénéfices des institutions libres, ils savent désormais le moyen. »

Ainsi que l’orateur l’escomptait, ces paroles ont été répétées jusqu’à l’extrême limite des territoires placés sous mandat.

Il sied d’ailleurs de le reconnaître : elles n’ont produit nul effet sur les Druses de Soltan-el-Attrache ni sur les Arabes des environs de Damas. Aucun doute n’est permis. Ceux-ci et ceux-là préfèrent la guerre aux élections.

Mais on assure qu’emportées par le vent vers le septentrion, les périodes de M. Henry de Jouvenel ont fait frémir d’allégresse et Homs et Hama et la farouche Alep elle-même. Puissance de l’éloquence ! Un miracle s’est accompli. Sur cette région qui, depuis le début de l’occupation, n’a cessé de s’agiter, un vaste et tendre apaisement est descendu !

Elle aspire aux bienfaits de la vie constitutionnelle. Résolument partisane du mandat, elle montre une telle ardeur francophile qu’il ne faudrait point s’étonner si, demain, elle demandait purement et simplement à devenir colonie de la République.

Dans leur langage imagé, ses habitants disent : « La Syrie est une côtelette dont Alep est la noix et Damas l’os ; que l’on mette celui-ci d’un côté et la viande de l’autre. »

Bref, on peut être certain qu’ils ne veulent plus rien avoir de commun avec les ennemis du mandat, ils réclament, ils exigent qu’on les sépare des turbulents Damascènes, qu’on leur donne l’autonomie administrative et politique.

Les rapports envoyés par M. Reclus, au Haut-Commissariat sont formels sur ce point.

Qui est M. Reclus ?