Citerai-je le nom de cet officier ? A quoi bon !
C’est dans cette atmosphère que débarqua le général. Quand, accompagné de Mme Sarrail et de ses deux enfants, il mit le pied sur le quai de Beyrouth, il était vaincu.
*
* *
Se sachant peu désiré et prévoyant sans doute les attaques dont il allait être l’objet, fut-il du moins habile ? Adopta-t-il une attitude propre à lui conserver la sympathie de ses amis politiques, et lui attirer celle des neutres, à détruire certaines préventions ?
Point. Il fut cassant, provoquant, et lui, si dénué d’esprit, prétendit se montrer spirituel !
Dans l’heure qui suivit son arrivée, on lui présenta au Grand-Sérail tous les officiers de la garnison de Beyrouth. Il ne serra la main d’aucun et, prenant la parole, déclara sur ce ton amène qui lui est propre :
— Vous êtes beaucoup trop nombreux. Je vais procéder à d’énergiques compressions. Et, pour commencer, je donne l’ordre au général Naulin de prendre le premier bateau pour la France. (A ce moment, Mme Naulin ornait de fleurs la Résidence des Pins où Sarrail allait s’installer.)
« Maintenant, je voudrais vous inculquer un certain nombre de principes. Vous pouvez dire du mal de moi, mais que cela ne me revienne pas aux oreilles. Si vous avez une réclamation à présenter, je vous écouterai. Si je dis « non » je vous autorise à revenir. Si je dis encore « non » que je ne vous revoie pas !… Vous êtes ici pour servir la République. Rompez ! »
Les officiers rompirent, mais le ton sur lequel le nouveau chef venait de leur parler leur causa, on le conçoit, quelque surprise.
Quelques jours plus tard, Sarrail était reçu par l’« Union Française ». Il eut un mot aigre-doux pour chacun. A un médecin principal de l’Armée, directeur d’un hôpital fort important, il dit :