— Et vous, c’est à titre militaire ?

— A titre civil, mon général.

— Ah ! que faisiez-vous donc dans le civil ?

— Sous-préfet des régions libérées où je dois avoir rendu quelques services.

— C’est possible, après tout !… Mais vous me paraissez bien jeune !…

Ce soir-là, les Français qui venaient saluer le Haut-Commissaire et que ces dialogues sur l’escalier avaient édifiés firent demi-tour.

Le lendemain, Sarrail était à Alexandrette. Le Président de la Chambre de Commerce offrit de lui faire visiter le port.

— Nous avons un certain nombre de souhaits à formuler, dit-il.

— Je ne veux pas que vous m’embêtiez avec vos histoires. Vous êtes des mercantis. Et les mercantis, je suis venu en Syrie pour les supprimer.

Je laisse à penser l’effet que produisirent ces boutades, ces gentillesses renouvelées de celles du Père Ubu et comment les adversaires de Sarrail les exploitèrent contre lui.